HISTORIQUE DE PRO-FEMMES/TWESE HAMWE
En 1991, plusieurs associations oeuvraient au Rwanda pour la promotion de la femme. Ces associations avaient vu le jour pour des raisons spécifiques diverses. Les plus anciennes associations avaient pour but de promouvoir l'épanouissement de la fille à travers l'encadrement professionnel et spirituel. Il s'agit principalement de AGR, JOCF, CARITAS UMUHOZA et ARTECF.
Un autre groupe d'associations avait vu le jour dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de la troisième Conférence mondiale des Femmes tenue à Nairobi en 1985. Il avait été recommandé en effet que soient mis en œuvre des mécanismes nationaux de promotion de la femme dans le cadre de la lutte contre la féminisation de la pauvreté, mais aussi dans le but de permettre à la femme de prendre part activement dans le processus national de développement. En réponse à cette sollicitation sont nés le Réseau des Femmes et DUTERIMBERE.
La troisième catégorie d'associations regroupe celles qui sont nées pour conjuguer leurs efforts en vue d'affronter les problèmes divers que traversait la population rwandaise. Le contexte national était marqué à ce moment par des problèmes liés à la pandémie du SIDA, au nombre croissant de veuves et d'orphelins sans assistance, les problèmes d'injustice sociale, etc. C'est dans le but de faire face à cette situation que sont nées certaines associations comme SWAA-Rwanda-IHUMURE, DUKANGUKE, HAGURUKA, ICYUZUZO, etc.
En 1992, 13 Associations rwandaises ont vite constaté que des efforts isolés ne vont pas les mener loin et ont décidé de créer le Collectif PRO-FEMMES/TWESE HAMWE. Ce collectif, qui est né officiellement le 18 octobre 1992, constitue une plate-forme d'organisations féminines, un cadre de concertation des femmes et des hommes engagés dans la lutte pour la promotion intégrée de la femme. Les associations fondatrices de Pro-Femmes/Twese Hamwe sont : RÉSEAU DES FEMMES, DUTERIMBERE, HAGURUKA, SWAA-IHUMURE, ICYUZUZO, DUKANGUKE, ARTCF, AGR, JOCF, AFER, UMUHOZA XARITAS, GIRANEZA et SERUKA, de même que CCOAIB, à titre de membre d'honneur.
En 1993, les membres du Collectif ont adopté les statuts. Les priorités de PRO-FEMMES à ce moment s'articulaient autour des axes suivants :
L'intégration des femmes aux activités de développement,
La promotion des activités lucratives, l'éducation de la femme,
La promotion de la santé familiale,
La promotion des micro-projets et des activités de production,
La promotion de l'entreprenariat féminin,
La reconnaissance de la femme comme interlocutrice dans le développement,
En avril 1994 malheureusement, le génocide est venu annihiler tous les efforts jusque là réalisés. Pro-Femmes et ses associations membres ont assisté impuissants aux tourbillons de l'histoire qui ont emporté leurs membres et leur patrimoine.
Ce n'est qu'en 1995 que les anciennes organisations oeuvrant pour la promotion de la femme se sont relevées pour essayer de se reconstruire et redémarrer leurs activités.
D'autres organisations se sont davantage créées au niveau du pays pour venir assister le gouvernement et les ONGs nationales et internationales dans la lourde tâche d'assistance aux personnes vulnérables, de réhabilitation, de réconciliation et de reconstruction de la nation rwandaise. Il s'agit notamment de la Fondation TUMURERE , SOS RAMIRA, GIRIBAMBE, SOLIDAIRES BENURUGWIRO, URUMULI RW'URUKUNDO, etc.
D'autres associations qui avaient vu el jour dans les pays d'accueil comme BENIMPUHWE, CLUB DES MAMANS SPORTIVES, AMALIZA se sont jointes à leurs consoeurs et ainsi, le nombre d'associations membres effectifs de Pro-Femmes passa de 13 à 32 en février 1996 et à 36 en 1998 pour atteindre 41 en 2002. Ce nombre est actuellement à 37 membres actifs et reconnus.
Depuis cette période, l'histoire de PRO-FEMMES/TWESE HAMWE a été marquée par trois grandes périodes à savoir : la période 1992-1994, la période 1995-1998 et la période 1999-2002.
La période 1992-1994 , caractérisée au niveau national par des perturbations politiques et par la guerre. Cette période a été consacrée en grande partie au niveau interne à la mise en place des structures, mais aussi au niveau national, le collectif a joint sa voix à celles des autres membres de la société civile pour apporter sa contribution à la vie politique qui traversait une crise sans précédent.
1994 , année fatale pour tous les Rwandais et pour toutes les structures nationales, n'a pas épargné PRO-FEMMES. Le génocide est venu annihiler toutes les réalisations antérieures. En Octobre 1994, les femmes membres de PRO-FEMMES qui ont survécu de l'hécatombe se sont mises ensemble avec d'autres femmes rapatriées et d'autres membres des associations qui venaient d'être créées et 28 associations ont décidé de relever PRO-FEMMES dont la contribution était plus que nécessaire dans la reconstruction du Rwanda. La première action menée fut l'organisation des campagnes de sensibilisation à travers tout le pays afin de contribuer au rétablissement de la paix et de la sécurité.
La période 1995-1998 fut consacrée à la reconstruction tant au niveau interne de PRO-FEMMES/TWESE HAMWE qu'au niveau national. Durant cette période, PRO-FEMMES s'est investie dans des activités de promotion de la culture de la paix, d'assistance et d'encadrement des veuves, d'orphelins et d'enfants non accompagnés, de réhabilitation de la femme à travers la construction des logements, de la relance socio-économique et de la promotion économique par le truchement des activités génératrices de revenus
La période 1998-2002 fut pour PRO-FEMMES une période de grandes activités de promotion de la femme. Dès 1998, deux plans triennaux ont été élaborés, le plan 1998-2000 et le plan 2000-2002. Le troisième, 2002-2005 est en cours d'élaboration. Les activités du Collectif s'articulent autour de deux axes : l'assistance, la reconstruction nationale d'une part et la restructuration du collectif dans le cadre de la décentralisation de ses services. Actuellement le collectif est décentralisé jusqu'au niveau de la Province.
|